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25/08/2008

Pauvres J.O. !

Une artiste rend hommage aux bâtisseurs oubliés de Pékin.

Par Pierre Haski | 

(De Pékin) Les artistes, parfois, sont mieux à même de capturer un moment historique. Au moment où Pékin célèbre ses JO monumentaux, une jeune artiste chinoise a immortalisé les visages de ces migrants qui ont construit les stades et les routes, avant d’être chassés de la capitale avant que la fête ne commence.

Wen Fang, une artiste de 32 ans, diplômée de l’école Louis Lumière de Paris, a produit une installation de dizaines de briques verticales, alignées comme des tombes, portant chacune le visage affublé d’un casque de chantier d’un de ces « mingong » (littéralement paysan-ouvrier) de Pékin.

Le symbole est fort, et la référence chinoise explicite: on pense aussitôt à l’armée de terre cuite enterrée de l’empereur Qin Shi Huang, qui, au III° siècle avant JC.

Ces « mingongs » sont, depuis deux décennies, la chair à canon du miracle économique chinois, tout comme les soldats de l’empereur Qin ont été les artisans de la création de l’empire chinois qui durera deux millénaires, et continue aujourd’hui sous une autre forme.

Ignorés, méprisés, souvent même pas payés ou surexploités, ces 150 à 200 millions d’hommes et de femmes venus de la campagne méritent assurément cet hommage qu’on ne trouvera nulle part ailleurs à Pékin que dans ce petit espace de la galerie « Paris-Beijing ».

Pour conclure, un bilan plutôt négatif des J.O sur l'environnement :

 

 Dossier spécial ; Quel est l’impact réel des Jeux Olympiques de Pékin en Chine sur l’environnement ?

Leurs résultats et leurs conséquences.

Alors que le changement climatique est une réalité comme l’a illustré récemment la fonte d’un glacier en Amérique du sud en plein hiver, il semble que très peu de choses soient faites pour inverser la tendance.

 

En Chine, les problèmes liés à l’environnement se multiplient. On ne compte plus le nombre de catastrophes naturelles qui ont frappé le pays ces dernières années, la dernière en date étant le terrible séisme du 12 mai 2008 qui a littéralement dévasté la région du Sichuan.

 

Par ailleurs, les affaires de pollution de l’eau se comptent par centaines et la sécheresse de plus en plus persistante pèse lourd sur les réserves en eau du pays. La pollution de l’air, liée à l’industrie polluante qui fonctionne à plein régime depuis quelques décennies pour sortir le pays de la pauvreté, pose également un réel problème pour l’environnement et la santé publique.

 

Pékin, capitale de la Chine, dont le ciel est tellement pollué qu’il y règne un brouillard permanent qui empêche de voir le sommet des gratte-ciel même par beau temps, a été choisie par le Comité Olympique International pour organiser les Jeux Olympiques d’été 2008.

Sans parler de la polémique que cette décision a suscité concernant le respect des droits de l’homme dans ce pays où la liberté de la presse semble loin d’être respectée et où des émeutes ont récemment éclaté dans la région du Tibet, cette décision apparaît très irréfléchie et pleine de conséquences négatives pour l’environnement et la population du pays.

 

De nombreuses voix se sont élevées pour critiquer le choix du Comité International Olympique et l’organisation des Jeux semble aggraver la crise écologique déjà sérieuse dans le pays.

 

Ainsi, certaines provinces souffrant déjà gravement de la sécheresse, une augmentation de 30% des besoins en eau de Pékin dont les autorités chinoises ont démenti alors que le pays a détourné les eaux du Fleuve Jaune vers Pékin, mais a également puisé l’eau directement dans les réserves des provinces du Henan et de Shaanxi pour s’assurer d’avoir assez d’eau à fournir aux touristes et spectateurs !

 

Autre problème grave et peut-être encore plus inquiétant pour les athlètes : la pollution de l’air. De nombreux pays envoyent leurs athlètes sur le site de Pékin le plus tard possible pour réduire au maximum leur exposition à la pollution.

De nombreuses usines ont été fermées, les voitures circulent de façon alternée, la cigarette a été interdite dans la ville tout comme les vendeurs de kebab et des stations d’essence ont dû fermer leurs portes.

 

Cependant, on peut se demander si ces mesures prises de manière très éphémère ne sont pas qu’un leurre ?

Le ciel résolument gris de la ville et le brouillard épais semblent remettre en question ces déclarations.

Près de 400000 voitures se sont ajoutées au trafic automobile à Pékin en 2006 et le nombre de voitures en circulation devrait continuer à augmenter de 10% par an.   

De même, dans d’autres provinces du pays, les taux de pollution de l’air sont particulièrement alarmants. Côté émissions de gaz à effet de serre donc, le bilan de la Chine n’est pas brillant.

D'après les estimations du gouvernement des Etats-Unis, les émissions mondiales de dioxyde de carbone devraient d’ailleurs augmenter de 50% d'ici 2030. C'est la Chine, avec la croissance de son industrie du charbon, qui contribuera le plus à cette hausse.

  

Des mesures dérisoires face aux 1000 voitures supplémentaires qui arrivent sur les routes chaque jour dans le pays et face au fait que le pays autorise la construction d’une nouvelle centrale électrique au charbon par semaine.

De même, le pays construit des bâtiments qui consomment beaucoup d’énergie. 

D’après le WWF, le pays puise d’ailleurs trop rapidement dans ses ressources naturelles pour satisfaire les demandes de sa population croissante et pour son propre développement. Pour résumé, le pays coure tout droit à sa perte en dégradant de plus en plus son environnement, sous prétexte de rattraper son retard économique sur l’occident.

 

Ainsi, la Chine s’obstine à suivre le même chemin de développement qu’ont suivi quelques décennies plus tôt les pays occidentaux, malgré les avertissements des organisations internationales. 

L’organisation des J.O. d’été semble être l’illustration parfaite du problème : une prise de décision rapide, irréfléchie, qui ne prend en compte que les bénéfices économiques à court terme et semble ignorer ou reléguer au second plan l’impact environnemental désastreux à cause d'un C.I.O. incompétent !

 

Car l’environnement est bien le pilier de la planète.

C’est pourquoi, par le biais de l’exemple de l’organisation des Jeux Olympiques  à Pékin, dans un pays où l’environnement est déjà gravement mis à mal et menacé par les hommes, nous avons voulu montrer l’impact considérable sur l’écologie et la planète que peuvent avoir ce genre de décisions irréfléchies de la part d’hommes tout-puissants…

 

R.E.C.

 

Pour reprendre le concept de l'exposition sur les travailleurs qui ont contribués à l'essor du pays.

Je me demande bien s'il ne s'agit pas plutôt d'un mémorial pour tous ceux qui sont morts et ignorés de tous !

En effet, sachant que les métiers du bâtiment sont déjà les plus assujettis aux accidents du travail dans nos pays ou la réglementation est pourtant strict. Il serait bon de ne pas apprécier ces monumentales architectures sans avoir un peu de respect pour tous ceux qui y ont laissés leurs vies !

Et ce n'est sûrement pas dans un tel pays de dictature que nous en aurons le véritable constat tant la main d'œuvre des campagnes et traité avec mépris !

Certes, toutes les grandes sociétés se sont construites sur les cadavres des ouvriers, que cela soit pour les gratte-ciel new-yorkais, les cathédrales européennes ou les pyramides d'Egypte …

 

Pour ce qui est de l'incompétence des dirigeants du C.I.O., elle est à la hauteur des gens qui veulent diriger la planète !

En effet, le sport pour réunir les peuples OK, mais pas pour les abrutir ni les asservir !

Mettre sur un piédestal des athlètes n'est autre que les élever au rang de demi dieu pour mieux faire oublier la misère qui croupie sous leurs médailles !

 

Pourtant, parmi  les plus communs des mortels, que sont ces sportifs.

Quelles prouesses ont-ils vraiment accomplies face aux travaux d'hercule réalisés par de simples ouvriers agricoles soumis bien souvent par la force des choses, au dur labeur du BTP ?

 

S'il y avait vraiment un phénomène à applaudir, ce serait bien tous ces gens, soit disant bénévoles d'un parti non démocratique. Tous ceux qui depuis des années ont œuvré à l'édification tout comme à l'ouverture de ces jeux.

 

Alors là oui, je dis respect à vous Chinois de seconde zone, poumons de la Chine que vos tuteurs milliardaires communistes sont en train d'étouffer.

 

La réelle question à se poser ne serait-elle point de savoir si l'organisation crétine des J.O. ne désert-elle pas le peuple au bénéfice de la petite bourgeoisie ?

Le grand gaspillage de milliards d'euros tous les quatre ans en constructions qui rendent illusoire un travail temporaire, mal payé voir pas du tout.

Tout cela pour mettre en valeur une élite qui se fout totalement de la misère du monde !

Et privilégier les milliers d'ambassadeurs qui gravitent autour de cette organisation quasi mafieuse juste pour s'assurer le statut et les voyages et séjours en cinq étoiles aux frais de la princesse…

 

La question se pose donc sur des fonds qui pourraient être utilisés pour lutter contre la misère grandissante.

Pourquoi ne choisit-on pas une bonne fois pour toute la construction d'une ville olympique éloignée de toutes grandes villes afin d'en réduire les pollutions.

Ceci dans un pays aux conditions climatiques adéquates Sheila…

 

Une construction qui servirait à toutes les manifestations sportives de grandes envergures et qui ne nécessiterait plus les fastes  d'un pays différent uniquement pour qu'il puisse faire voire qu'il est capable de faire comme les autres !

 

Pourquoi cette ville olympique ne serait-elle point construite et entretenue avec d'une part, les subventions des fédérations sportives internationales, mais aussi avec un % du PIB de chaque pays ?

Pourquoi afin de faire vivre au quotidien cet espace dédié aux sports, les ensembles hôteliers n'accueilleraient-ils pas des touristes en dehors des compétitions ?

Tout simplement parce que le C.I.O. ne servirait plus à rien et ne pourrait plus revendiquer ses hauts salaires !

Patrick.

 

Commentaires

Mais en voilà une idée qu'elle est bonne !

Cette cité olympique réutilisable (développement durable !), co-financée à hauteur des moyens des nations participantes (juste et juteux) serait la première "ville citoyenne du monde". Un exemple à suivre, si l'on veut bien oublier la ville, et penser aux habitants.

Mais le CIO est une machine à fric : choisissez de venir chez nous, on construira du "plein-la-vue" mais on s'enrichira avec tous ces touristes, droits TV et médias, ristournes des publicité Adidas et consorts.

Elle serait bien en Grèce, cette ville olympique, appelons-là Olympie. Avec des habitants qui s'enrichiraient tous les 4 ans, voire plus puisque les sportifs pourraient utiliser ces stades pour d'autres compétitions internationales. Fini les polutions, Fini les différence d'altitudes, la ville pourrais servir d'étalon de mesures pour les conditions sportives, altitude, climat, pour étalonner les autres.

Autre avantage qui n'apparaît pas immédiatement, c'est la diminution de la gloriole nationaliste; vous savez, ce qui fait dire "on est les meilleurs !" (et les autres des tares dégénérées, donc), comme les nazis avec leur "Deutschland uber alles !" (l'allemagne au-dessus de tous !).

Il nous faut une ville hors-nations, habitée par des citoyens du monde.

Ce serait bien de commencer par une ville olympique !

Merci pour l'idée, Patrick.
Patrice Hénin

Écrit par : Patrice Hénin | 29/08/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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