14.05.2009
Inflation...
Après la déflation, très vite, l’hyperinflation !
Déclaration de Lyndon LaRouche
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’économie allemande plongea très vite dans une phase de déflation, avant d’entrer dans une phase hyperinflationniste.
Ceci dans les conditions artificielles imposées à l’Allemagne, en vertu du Traité de Versailles, par un cartel centré autour de la Banque d’Angleterre qui allait bientôt projeter sur la scène mondiale le Parti nazi d’Hitler, précisément au moment où le stade d’hyperinflation serait atteint.
Aujourd’hui, on avance à grands pas vers un processus similaire devant mener à une explosion hyperinflationniste globale.
La conclusion à en tirer est que les gouvernements américain et britannique se comportent comme des idiots.
Comme le clamait le célèbre professeur de Harvard, George Santayana, dans sa tirade la plus connue, «ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter». (sic) Cet aphorisme du professeur Santayana n’est pas tout à fait correct, mais à part cette petite erreur, on ferait bien aujourd’hui d’écouter cet avertissement.
Dans le contexte qui s’est instauré depuis juillet 2007, la tentative des administrations de George W. Bush et de Barack Obama de sauvegarder, en Europe occidentale et centrale comme aux Etats-Unis, ce système monétaire en faillite, se traduira inévitablement, si l’on persiste encore quelque temps dans cette folie, par une tendance hyperinflationniste.
Comme on le voit au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, le recours aux méthodes monétaires hyperinflationnistes mises en oeuvre depuis juillet-septembre 2007, a précipité l’économie réelle de ces deux pays au fond de l’abîme, avec des taux de chômage et de fermeture d’entreprises qui ne cessent d’augmenter. Ainsi, grâce à Larry Summers, le principal décisionnaire de l’administration Obama, le taux d’inflation monte en flèche, tandis que les salaires des travailleurs productifs chutent et que les entreprises industrielles et agricoles essentielles ferment boutique.
Comme dans l’Allemagne de Weimar ou aux Etats-Unis et en Europe aujourd’hui, la déflation dans l’économie réelle non seulement précède, mais provoque l’explosion monétaire hyperinflationniste qui s’ensuivra. Nous sommes sur le point de connaître un mouvement hyperinflationniste des prix absolument explosif, non sans similitude avec celui qu’a connu l’Allemagne de Weimar entre le printemps et novembre 1923.
Un exemple
Lors d’une conférence internet, le 25 juillet 2007, j’avais averti que le monde se trouvait au bord de la plus grave crise de l’histoire moderne. Trois jours plus tard, la crise éclatait, comme je l’avais prévu. Au cours de cette conférence, j’ai proposé un remède radical, baptisé Loi de protection des propriétaires de logement et des banques (acronyme en anglais : HBPA), promettant aussi des explications sur plusieurs autres mesures à prendre, promesse que j’ai tenue en septembre.
Hélas, les mesures proposées, qui auraient été efficaces si on les avait appliquées vers septembre 2007, furent torpillées suite à une opération frauduleuse montée par le député Barney Frank et d’autres. Passant en force et prenant tout le monde de vitesse, le « renflouement » (mesure frauduleuse s’apparentant à une trahison) transforma cette crise générale, qui était encore contrôlable en juillet-septembre 2007, en un cauchemar d’escroqueries financières à répétition comme nous l’avons vu depuis.
Rappelons que mon discours de juillet 2007 portait sur l’état de faillite globale du système financier international, y compris du système bancaire. Si les réformes proposées, basées sur une procédure de redressement judiciaire, avaient été adoptées, la solution à la crise aurait pu être mise en oeuvre dès l’été 2007. Le député Barney Frank et d’autres, au sein de la Chambre des représentants et ailleurs, ont commis une escroquerie massive à l’égard des Etats-Unis et de ses institutions bancaires et gouvernementales.
Désormais, pour ne considérer que l’aspect limité, interne, de cette crise, le seul remède consiste à imposer au système financier américain une procédure brutale et drastique de redressement judiciaire. Une bonne partie des actifs pouvant être cantonnés dans une bad bank, doivent être purement et simplement effacés des livres des banques, suivant les critères applicables en vertu de la loi Glass-Steagall, en vigueur avant l’escroquerie commise par Larry Summers, alors au Trésor.
A ce stade, 15% paraît une bonne estimation pour la part des actifs non conformes aux critères de Glass-Steagall pouvant échapper à la destruction. Faute de mettre immédiatement en oeuvre la banqueroute organisée, la part des titres sauvés pourrait chuter à un niveau bien en-dessous de zéro, à mesure que la phase hyperinflationniste avance.
Si le changement que je propose ici est rejeté, le monde se trouvera précipité dans la plus grave dépression de son histoire. La réduction accélérée de la population mondiale au niveau revendiqué par le World Wildlife Fund du prince Philip (passant de plus de 6,5 milliards d’individus à moins de 2 milliards) représenterait le plus grand génocide de toute l’histoire connue.
Le rôle du dollar américain
Entre les évènements remontant à l’année fiscale 1967-68 aux Etats-Unis et le début des années 1970, sous le double effet de l’escroquerie pétrolière orchestrée par Londres et l’Arabie saoudite et de la politique mise en place par la Commission trilatérale, sous l’égide d’un président Jimmy Carter dupe du jeu, les Etats-Unis ont vu éliminer leur rôle dominant dans le système monétaire mondial ; l’empire britannique, qu’on appelle aussi l’empire financier anglo-hollandais-saoudien, avait pris les rênes. Néanmoins, le crédit international resta en grande partie libellé en dollars.
Aujourd’hui, comme l’illustre la crise de la Chine, si le dollar était dévalué en faveur d’une quelconque autre monnaie, tous les pays du monde s’enfonceraient immédiatement dans un « nouvel âge sombre », rendant quasi inévitable la chute vertigineuse de notre démographie en dessous de deux milliards, voire moins.
L’importance du dollar comporte deux aspects. Tout d’abord, conformément à notre Constitution, l’économie américaine repose sur un système de crédit, à la différence du système monétaire de type européen, qui relève d’un gouvernement associé à un système parlementaire.
En fait, aucun système monétaire ne serait en mesure de protéger le monde contre les effets de l’effondrement d’économies nationales comme celle de la Russie et de la Chine, sans compter les pays d’Europe occidentale et centrale.
Par exemple, faute d’adopter le système que je propose, la Chine se désintégrera, vu qu’elle dépend des revenus représentés par l’ancienne valeur de la dette américaine envers elle. Moins touchée que la Chine, la Russie le serait toutefois de manière similaire. La situation en Europe deviendrait rapidement désespérée.
Le seul remède est l’élimination des systèmes monétaires existants à travers une banqueroute ordonnée, en faveur d’un système de crédit à taux de change fixes. C’est le système qu’entendait instaurer le président Franklin Roosevelt, mais au lendemain de sa mort, le 12 avril 1945, son successeur Harry Truman, un traître défenseur de l’impérialisme britannique, adopta immédiatement la politique monétaire anti-Roosevelt de John Maynard Keynes.
Il nous faut un système de crédit à taux de change fixes sur une cinquantaine d’années, avec des crédits d’Etat à Etat dont le taux d’intérêt à long terme se situerait entre 1,5 et 2%. Ces crédits serviraient avant tout au développement à forte intensité capitalistique des économies d’Asie, d’Afrique et d’Ibéro-Amérique, reposant essentiellement sur des formes d’investissements en capital réel à haute technologie, propres à assurer l’accroissement du potentiel productif des nations, mesuré physiquement, par individu et kilomètre carré de territoire, au niveau mondial.
Soumettre les systèmes monétaires et financiers actuels à une procédure de banqueroute organisée, respectant les normes de la loi Glass-Steagall, est le seul moyen d’empêcher l’effondrement du système mondial.
L’heure de cette réforme est arrivée. Tout gouvernement qui s’y oppose devrait être remplacé par un autre de disposition plus raisonnable et plus productive en matière de coopération mondiale à cette fin. On ne doit pas poser cette question idiote : « Etes-vous d’accord ? », mais plutôt : « Etes-vous réellement déterminés à survivre ? »
La vertu fanée des banques françaises
Paris, le 27 avril (Nouvelle Solidarité)—Dans une interview au Nouvel Observateur, l’économiste Michel Aglietta avait fait exploser le mythe de la vertu des banques françaises, notant qu’elles cachaient toujours leurs instruments toxiques grâce au « modèle de banque universelle » très en cours dans notre pays, qui permet aux banques d’affaires logées dans un groupe bancaire de « siphonner » les profits des banques de détail !
Depuis, les révélations sur leur état réel se succèdent. Le 24 avril, Les Echos révélaient que malgré le fait que « les bad banks soient toujours taboues » en France, les banques étudient depuis quelques semaines la possibilité d’en créer une pour les actifs « illiquides » dans le secteur du capital-investissement (LBO). En 2007, les crédits aux LBOs ont représenté 67 milliards et 20 milliards en octobre. De ceux-là, un bon tiers serait déjà en rupture de contrat.
Aujourd’hui, c’est Libération qui révèle en première page une deuxième affaire Kerviel, en pire. La SGAM-AI, filiale de la Société Générale (SG), entièrement consacrée aux produits structurés – ABS (titres adossés aux créances), CDO (titres de créance étayés), hedge funds, etc. – aurait perdu près de 10 milliards d’euros ! Ici, point de trader fou à blâmer. La SGAM-AI opérait, très secrètement, sous la stricte responsabilité des principaux responsables de la banque : Philippe Collas, directeur général adjoint de la SG, et Philippe Brosse, dirigeant de SGAM-AI, qui ont depuis été poussés vers la sortie. Notons qu’entre 2005 et 2007, en deux ans, le montant des actifs structurés gérés par la banque sont passés de 6 à 50 milliards, alors que les fonds propres de cette entité ne dépasseraient pas les quelques dizaines de millions d’euros !
Pecora en débat sur la chaîne publique américaine
27 avril 2009 (Nouvelle Solidarité) - Bill Moyers, journaliste et ancien de l’administration Johnson, a consacré son émission hebdomadaire, diffusée sur la chaîne publique américaine PBS, à la « nouvelle commission Pecora ». Pendant 45 minutes, il interrogea Michael Perino, biographe de Pecora et professeur de droit à l’Université St-John de New York, ainsi que l’économiste Simon Johnson, ancien du FMI connu pour ses attaques contre les « oligarques financiers ».
Tour à tour, Moyers et Perino montrèrent l’importance de Ferdinand Pecora dans le combat de Franklin Roosevelt contre « les marchands du temple » et comment les résultats obtenus par la commission avaient permis au Président américain de débloquer la situation politique. Perino rappela que Roosevelt rencontrait régulièrement Pecora en secret et que c’était lui-même qui lui avait demandé de s’attaquer à JP Morgan Jr, symbole de la mystique de Wall Street et véritable pivot de la finance anglo-américaine.
Cependant, Moyers et Perino ont tous deux omis de replacer cette bataille dans le contexte du soutien de Wall Street aux régimes fascistes d’Europe et de leur tentative d’importer ce modèle aux Etats-Unis, ce que Roosevelt savait très bien. Pour Simon Johnson, toutefois, les ennemis d’aujourd’hui sont les mêmes que ceux d’hier, puisque la Maison Morgan s’est « reconstituée » avec la banque JP Morgan et Citigroup. Ces banques d’affaires, qui ont avalé les banques de dépôt, sont incroyablement puissantes, y compris au sein même du Trésor.
Johnson s’en prit également au démantèlement de la loi Glass-Steagall en 1999, et surtout au refus de réguler les produits financiers dérivés, au début des années 1990.
Pour Simon Johnson, Elizabeth Warren, actuellement en charge, au sein du Congrès, de contrôler l’application du Plan Paulson, a le profil d’un nouveau Pecora, de par son expérience de juriste, mais aussi parce qu’elle n’a aucun lien avec la finance et Wall Street. A la demande de Moyers, Perino annonça que la nouvelle Commission Pecora n’irait pas bien loin sans le soutien de la Présidence, car les financiers contre-attaqueront rapidement : il leur sera en effet très facile de faire échouer la commission si Obama ne la soutient pas
http://www.solidariteetprogres.org/
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