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14/08/2014

Crèmes solaires ?

 

CRÈMES SOLAIRES : 
PEUT-ON SE PROTÉGER AUTREMENT ?

J'ai beaucoup voyagé dans le monde ces quinze dernières années. J'ai fréquenté des pays brûlants et exotiques et j'ai toujours été frappée de constater que les "locaux" n'utilisaient pratiquement jamais les crèmes solaires pour se protéger du soleil. Une question de coût ? Sans doute, mais aussi une question de logique car dans tous ces pays, il existe des protections solaires naturelles tout aussi efficaces que les cocktails chimiques dont on nous dit, ici, qu'il s'agit du seul moyen efficace de lutter contre les "méfaits" du soleil, présenté désormais comme le premier responsable du cancer de la peau.

J’ai fait un test avec ma poubelle

En réfléchissant à ces histoires de crème et de soleil, je me suis décidée à faire une expérience. J’ai rempli deux poubelles de déchets dégradables. La première poubelle, je l’ai bien fermée hermétiquement et je l’ai mise au soleil. A côté, j’ai vidé la seconde poubelle, oui je sais c’est dégoûtant, et j’ai pris garde de protéger les déchets des animaux et autres gourmands qui vivent dans mon jardin. J’ai laissé tout cela exposé un mois au soleil. Au bout d’un mois, les déchets qui étaient étalés au soleil étaient tous secs et sans odeur, alors que lorsque j’ai ouvert l’autre poubelle, j’ai eu un haut le cœur.

Ce que je cherchais à prouver, c’est que lorsque nous nous enduisons de crème pour nous protéger du soleil nous nous enfermons le corps dans une sorte de sac, comme mon sac poubelle, et nous macérons pendant des heures avec le sentiment d'être parfaitement protégés sous une fine pellicule de plastique.

Se protéger naturellement, 
tous les peuples du monde le font

Dans mes nombreux voyages, j’ai rencontré maintes huiles et plantes dont les locaux s’enduisaient pour se protéger du soleil. Bien entendu, toutes ces protections solaires naturelles ne sont pas disponibles en Europe et certaines seraient difficiles à employer sans attirer l'attention car souvent, elle colorent la peau en blanc, en rouge ou en jaune. Mais il y en a quelques unes qui sont compatibles avec notre culture.

Les protections colorées, oserez-vous ?

Se protéger mais rester belle au Myanmar

La plus connue peut être d’entre toutes est le tanaka des Birmans. Si vous avez visité la Birmanie, ou le Myanmar, vous avez sûrement rencontré des femmes avec des motifs circulaires blanchâtres sur les pommettes et un grand trait sur le nez. Ce masque de beauté que l’on obtient à partir du bois de tanaka, un arbre qui pousse dans la région sèche de Shwe Bo au Myanmar, protège la peau des Birmans depuis plus de 2 000 ans. Le tanaka a d’abord une action rafraîchissante car il agit comme isolant thermique qui protège l’épiderme des rayons et brûlures du soleil. La pâte blanchâtre que l'on obtient en le râpant et en le ménageant à de l'eau empêche la déshydratation et le desséchement de la peau en bloquant la sudation. Astringent, antiseptique et déodorant, le tanaka rend aussi la peau plus douce. Cosmétique favori des Birmanes, il dégage de surcroît un subtil parfum dont raffolent les ruraux.

Les ocres des Himbas et des aborigènes

Au Nord-Ouest de la Namibie et au Sud Ouest de l’Angola, les Himbas vivent en campements dans la région de la rivière Kunene. Là-bas, ils utilisent une pâte faite d’ocre rouge, de graisse et d’herbe dont ils s’enduisent les cheveux et le corps. La peau des Himbas est très foncée et ne prend guère de coups de soleil. Néanmoins, on pense que cette pâte rouge sert à la fois de filtre solaire, de répulsif pour les insectes, de cosmétique pour la peau et les cheveux et d’ornement.

Les aborigènes d’Australie, utilisent eux aussi des pigments pour se protéger de la morsure du soleil. Ce sont plutôt les ocres jaunes et blancs qui sont utilisés dans cette partie du monde. Mixés avec de l’eau, du gras d’animal comme le goanna (qui est un lézard géant d’Australie) ou l’émeu, du charbon ou de la cendre, la pâte obtenue est appliquée au doigt sur le corps. Certains livres sur les traditions aborigènes nous rapportent que les bébés sont enduits de cette pâte pour ne pas attraper de coups de soleil.

Le Roucou des Tupis

Le roucou (Bixa orellana) est un arbuste (2 à 4 m de haut) que l'on rencontre dans les régions d'Amérique tropicale. Appelé également urucum, rocouyer ou arbre rouge à lèvre, il tire son nom de la langue des Tupis, un peuple de la côte brésilienne, qui le nomment urucu. Les feuilles sont pointues et dentelées et le fruit, de couleur rouge, ressemble à un fruit de la passion poilu et rempli de petites graines juteuses. Le roucou est récolté puis séché pour en extraire la cire qui entoure les graines, très riche en caroténoïdes. La cire du roucou est transformée en pâte après avoir été mélangée avec un gras animal ou végétal (comme l’huile de Carapa). Traditionnellement, les Indiens l'utilisent depuis des millénaires pour se teindre la peau afin de se protéger des rayons du soleil ainsi que des insectes. Se servant de l'héritage empirique des Indiens, on rencontre aujourd'hui le roucou dans des crèmes bronzantes au Brésil.

Le riz, secret de beauté des Geishas

La poudre de riz contient de l’acide para aminobenzoïque, de l’acide férulique et de l’allantoïne qui protègent la peau du soleil et fonctionnent comme un écran solaire. Pour les Geishas qui devaient impérativement avoir un visage blanc immaculé, la poudre de riz pouvait donc être utilisée comme cosmétique, couvrant parfaitement les taches et les imperfections du visage, mais aussi comme protection contre le soleil. La composition de la poudre de riz contribue à l’éclaircissement de la peau, offre une finition lisse à la peau sans l’empêcher de respirer, ni colmater les pores. Depuis le XVIème siècle les geishas japonaises utilisent la poudre de riz. Dans l’Indonésie ancienne, les travailleurs dans les champs fabriquaient une crème à base d’eau et de poudre de riz pour se protéger du soleil. On trouve aussi de la céramide dans la poudre de riz qui est une substance qui aide à la production de collagène. Ce composant essentiel de jeunesse protège et rééquilibre la nature de la peau.

Le Jagua d’Amazonie

Le jagua pousse dans la forêt amazonienne. C’est un fruit qui ressemble plus ou moins au kiwi par sa taille et son aspect. Il a un goût de coing ou de pomme séchée et il est souvent utilisé dans la nourriture sous forme de confiture et de desserts. Le jus de ce fruit est utilisé par les peuples de la région amazonienne comme répulsif contre les insectes et comme protection solaire. Un peu comme le hénné, le jus de jagua est peint en formes géométriques sur le corps et s’oxyde en séchant, révélant ainsi une protection orangée sur la peau. Le jagua est un fruit sacré des régions du Panama, du Brésil et de Colombie où on l’appelle aussi jenipapo ou huito.

Les protections naturelles plus discrètes

Le Karanja d’Extrême Orient

Originaire d’Asie, le karanja est un arbuste de la famille des légumineuses, d’environ un mètre de haut, qui pousse surtout en Inde, mais que l’on trouve aussi en Australie, en Floride, en Malaisie ou en Océanie. Cette plante résiste à tout et peut même pousser dans les milieux salins. Très proche de l’huile de neem, l’huile de karanja est utilisée depuis toujours par les Indiens dans la médecine ayurvédique. Ses propriétés hydratantes et antiseptiques aident à restructurer les couches superficielles de l’épiderme et le pongamia qui la compose, augmente la protection et élargit le spectre UV des produits cosmétiques. Mélangée à du citron vert, elle soulage les rhumatismes, elle soigne les problèmes dermatologiques comme l’acné, l’herpès et traite aussi les leucodermies (perte de la pigmentation de la peau).

L’huile Berbère, l'argan

Traditionnellement utilisée par les Berbères pour ses qualités cosmétiques, l’huile d’argan était aussi offerte aux invités avec le thé et une assiette de miel, en signe d’hospitalité. Les femmes berbères l’utilisaient pour assouplir, protéger et nourrir leur peau. Les stérols d’argan (spinasterol et schottenol) et les acides gras insaturés contenus dans l’huile d’argan améliorent la fonction barrière de la peau, stimulent la microcirculation et freinent le vieillissement cutané, protégeant ainsi la peau contre l’action des UV.

L'huile de coco sans autre ajout

Le cocotier qui brûle au soleil à longueur d’années, donne un fruit dont l’huile offre une véritable protection solaire avec un indice SPF de 8 qui bloque 20% des rayonnements UV. Dans l’huile de noix de coco, il y a une grande quantité d’acide laurique un constituant très important pour la santé de l’organisme. Dans la nature, seule le lait maternel humain contient autant d’acide laurique et les graisses présentes dans l’huile de noix de coco ont des qualités nutritives très proches de celles trouvées dans le lait de la mère. L’huile de noix de coco fait partie des huiles avec l’indice de protection UV le plus élevé. En cas de brûlure, elle peut atténuer la douleur, empêcher l’apparition de cloques et même, transformer un coup de soleil en bronzage.

Et chez nous ? L'huile d'olive

Cherchez autour de vous, un arbre qui vit du soleil et s’en gorge l’été. Oui, chez nous il y a aussi un arbre qui fournit une huile tout aussi protectrice que l’huile de coco. D’ailleurs, elle continue à être une base de nombreux soins pour la peau. L’huile d’olive, comme l’huile de coco possède aussi un indice de protection solaire élevé que de nombreuses femmes utilisent comme base pour fabriquer leur propre crème solaire. Comme l’odeur de l’huile d’olive est un peu forte, on peut y ajouter quelques gouttes d’Huiles Essentielles, dont certaines offrent également une bonne protection contre le soleil. Les huiles essentielles de menthe poivrée ou de tulsi offrent, elles aussi, une protection SPF de 7 et l’on peut aisément les ajouter à un peu d’huile d’olive pour se faire une protection solaire totalement naturelle.

Si ça se trouve, on peut se protéger sans crème

J’ai rencontré il y a 30 ans au Sénégal un commerçant du village de M’bour sur la côte Ouest du pays. Lorsque je lui ai demandé comment il faisait pour protéger sa peau du soleil, lui qui travaillait sur la plage toute la journée, il m’a répondu : « Tu sues, tu bronzes ! ». Il avait raison Pap Ndiaye. Les glandes eccrines qui nous permettent d’évacuer notre chaleur, peuvent produire jusqu’à 12 litres de sueur par jour. En Afrique, la peau noire et la transpiration eccrine sont donc respectivement la meilleure protection naturelle pour éviter l’agression du soleil et évacuer la chaleur corporelle. Ainsi donc notre organisme aurait la capacité de créer ses protections naturelles. Pensez au piment, largement consommé dans les pays chauds, qui permet au corps de transpirer et d’offrir un rafraîchissement naturel de l’organisme.

Une crème solaire interne ?

L’alimentation peut donc aussi apporter des éléments de protection à notre corps contre le soleil. En mangeant certains aliments, nous pouvons d’ores et déjà protéger notre peau des méfaits du soleil. Après tout, on dit bien que la carotte, et le béta carotène qu’elle contient, stimule la mélanine qui est un pigment responsable de la couleur de la peau. La tomate est rouge grâce à une molécule, le lycopène, qui est un antioxydant bien connu pour sa capacité à neutraliser les radicaux libres produits par une exposition aux rayons du soleil. La tomate et son extrait sont la base de maints produits pharmaceutiques qui visent à préparer notre peau aux méfaits du soleil. Certaines vitamines, comme la C et la E, aussi peuvent s’avérer protectrices contre l’action des radicaux libres, responsables du vieillissement de la peau. Certains minéraux, comme le sélénium, réparent les dommages du soleil et favorisent la régénération cellulaire. 
Alors, avant de nous enduire de crèmes chimiques pour nous protéger sur la plage cet été, peut être devrions nous jeter un œil à ce que notre alimentation peut nous fournir comme écran naturel.

Une dernière chose pour vous faire réfléchir :

Et comme j’ai décidé de vous faire la morale, sachez qu’on estime que plus de 10% des récifs coralliens dans le monde seraient menacés par les 4000 à 6000 tonnes de crème solaire laissées par les nageurs dans la mer chaque année. Les produits chimiques des crèmes solaires commerciales réveillent le virus des algues symbiotiques qui vivent dans les récifs coralliens et contribuent largement à la disparition de la flore et de la faune marine. Ça fait réfléchir non ?

Portez-vous mieux

Caroline Morel

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REC :

Attention aux articles trop élogieux qui vantent certains produits...

Il y a a prendre et à lècher... 

 

 

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