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03/04/2016

L'homme arbre.

LE PLUS.

Abul Bajandar, un Bangladais de 26 ans qui présente de nombreuses lésions va prochainement être opéré. Surnommé "l'homme arbre", il est en réalité atteint d'épidermodysplasie verruciforme, une maladie rare de la peau. À quoi est due cette pathologie ?

Réponse de Claudine Blanchet-Bardon, dermatologue et vice-présidente du Syndicat national des dermatologues.

Le jeune Bangladais, surnommé vulgairement "l’homme arbre" et qui va se faire opérer prochainement, souffre d’épidermodysplasie verruciforme, une maladie cutanée rare. 

Il est important d’utiliser ce terme scientifique pour ne pas faire de ce patient, qui a développé une forme particulièrement spectaculaire de la pathologie, un phénomène de foire.

N’oublions pas qu’il est malade et que son quotidien n’a rien d’évident.

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Une maladie génétique ou due a un déficit immunitaire.

Appelée aussi syndrome de Lewandowsky-Lutz, cette pathologie peut être d’origine génétique. Elle peut également être due à un déficit immunitaire causé par une chimiothérapie ou par une maladie telle que le Sida, le lymphome ou encore la leucémie.

Les personnes atteintes d’un déficit immunitaire étant sujettes à des infections, elles développent plus facilement le virus à l’origine de l’épidermodysplasie verruciforme, qui n’est autre qu'une forme spécifique de papillomavirus.

Ce dernier est responsable du cancer du col de l’utérus, mais aussi des verrues.

Des lésions qui prolifèrent vers l'extérieur.

Cette pathologie cutanée provoque donc l’apparition de verrues, et plus précisément de lésions exophytiques, c’est-à-dire en relief, qui prolifèrent vers l’extérieur et qui peuvent être plus ou moins spectaculaires.

Ainsi, la forme clinique de la maladie peut varier en fonction des individus, mais aussi des conditions climatiques, par exemple.

Pour diagnostiquer l’épidermodysplasie verruciforme, il est possible de se fier à son aspect clinique particulier, mais aussi de prélever un morceau de ces lésions exophytiques et de l’examiner dans un laboratoire compétent.

Les effets de l'opération vont être temporaires.

Une fois le diagnostic posé, une opération est possible. C’est l’option qu’a choisie le jeune Bangladais. Les lésions exophytiques qu’il présente vont ainsi être coupées et cela risque d’être douloureux, car sa peau va être à vif.

Cette intervention va le soulager, car elle facilitera son quotidien, mais cela ne sera que temporaire.

En effet, si le problème de déficit immunitaire de fond n’est pas traité, l’épidermodysplasie verruciforme va récidiver. Il est donc essentiel de s’attaquer à l’origine de cette maladie cutanée, autrement dit au déficit immunitaire, en premier lieu.

 

 

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